Article PORTE VOIX

Manureva Répit : le "booking" des aidants

Juillet 15, 2020

Ces initiatives qui changent la vie !

Article rédigé par  Marina de PORTE VOIX

 

Après le confinement, le besoin de répit des aidants s’est révélé plus que crucial. Mais du repos ou des vacances, comment en prendre alors que leur propre emploi du temps est surchargé, qu’il faut tout réorganiser pour retrouver un semblant de vie à la sortie de cet enfermement forcé ? La start-up Manureva Répit essaye d’y répondre à sa manière avec des propositions de séjours « clés en main » avec même la recherche d’aides financières.

Avec la crise du coronavirus, de nombreux aidants se sont retrouvés à devoir récupérer chez eux leur proche en situation de dépendance et à les soutenir comme ils le pouvaient. En endossant plusieurs rôles à la fois : kiné, soignant, aide à domicile… À être ainsi sur tous les fronts, ils sont vite épuisés, aussi bien physiquement qu’émotionnellement. Et toujours en silence. Comme d’habitude !
Pas étonnant donc que la thématique choisie par les aidants pour la Journée Nationale des aidants de 2020, portée par le Collectif Je t’Aide, soit celle du répit. Car oui, du répit, toutes celles et tous ceux qui s’investissent pour leurs proches, jusqu’à s’oublier, elles en ont réellement besoin. Qu’ils soient jeunes – oui, il y en a ! – ou adultes.

Or généralement, quand un aidant pense à se reposer, c’est toujours pour plus-tard, quand le moment sera propice. Et puis les jours, les semaines, les années passent, et il n’y pense plus. Effectivement, comment trouver du temps alors qu’il passe le sien, la tête dans le guidon, à gérer sur tous les fronts ?

Sans compter que, partir en vacances, ce sont des tracasseries supplémentaires : il faut choisir la destination, régler le problème du transport, trouver le logement adapté au handicap… Et si on ajoute à cela l’aspect financier… Car les vacances, c’est bien beau mais ça coûte de l’argent… « Voilà ce que se disent la plupart des aidants quand on se met à leur place », résume Sylvain Dauber.

 photo bandeau Manureva Rpit

 

Un cocktail détonant

Partant de ce constat que les aidants n’avaient ni le temps, ni les moyens de s’accorder du répit, avec Jean-François Puntel son associé, ils se sont proposés de prendre le relais et de réaliser à leur place les démarches, souvent lourdes, et qui constituent un frein dans un quotidien déjà surchargé. En 2018, il crée Manureva Répit« une sorte de tour opérateur version Booking » essentiellement consacré aux aidants. Rien de plus facile pour lui puisqu’il travaille dans le secteur du tourisme depuis vingt ans. « J’en connais bien toutes les ficelles ! », avoue-t-il. C’est sa grande force !

Pourtant, l’histoire de sa toute jeune entreprise tient du hasard. « C’est en réalisant des missions pour un acteur de la “silver économie” que j’ai découvert l’univers des aidants », se souvient-il. En plus, il se découvre lui-même aidant auprès de sa mère et de sa belle-mère. Ce qui le choque est d’apprendre que 30 % des aidants de plus de 60 ans décèdent avant leur aidé(e). « Plus de 34 % souffrent de stress chronique et de fatigues physique et morale », regrette-t-il. S’ajoutent à cela des problèmes financiers, d’isolement… Un cocktail détonant ! Il retient surtout que 79 % des aidants souhaitent partir en vacances avec leur aidé(e) si le séjour est adapté.

Séjours sur-mesure

La notion de droit au répit a été introduite en 2015. Ce droit offre une aide de 500 euros par an lorsque l’aidé est bénéficiaire de l’Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) qu’il faut solliciter en fournissant des "tonnes" de papiers administratifs. Le résultat, c’est que peu de monde demande les différentes aides financières ! Elles sont disponibles, certes, mais les informations sont tellement disparates et les démarches tellement compliquées pour obtenir, au final, des "clopinettes" ! Un parcours du combattant – en plus de celui qu’ils vivent chaque jour – dans lequel peu d’aidants sont prêts à se lancer.

Bien sûr, il y a un peu partout en France des associations qui organisent un répit ponctuel… « Heureusement que ces structures existent ! Cependant, nous souhaitions donner toute l’année aux aidants et à leurs aidé(e)s la possibilité de fréquenter d’autres lieux et pas forcément avec des personnes en situation de fragilité comme eux. Ils ont besoin de voir autre chose… » explique l’entrepreneur. Au bout de deux ans d’expérimentation et d’ajustement Manureva Répit voit enfin le jour. La start-up propose des séjours sur mesure, tout comme n’importe quel autre voyagiste : « Notre but est de faire de la prévention en amont sur le plan de la santé. Il ne faut pas attendre que les aidants n’en puissent plus pour trouver des solutions. La nôtre ? Les gens choisissent la destination qui leur plaît et nous nous occupons du reste ! » poursuit Sylvain Dauber.

Prise en charge administrative

Après un entretien téléphonique pour recueillir les besoins, la start-up se charge des aspects administratifs et logistiques en organisant le séjour de
A et Z (constitution du dossier paramédical, transfert et coordination pour l’aidant(e) et pour l’aidé(e) sur le lieu du séjour, planning des intervenants, mise en place des services d’aide à la personne…). Manureva Répit se charge également de rechercher, si besoin est, les différentes aides financières (Centre Communal d'Action Sociale, Maison Départementale des personnes handicapées, caisses de retraite…). « Nous centralisons les dossiers, effectuons les démarches à la place des aidants », souligne Sylvain Dauber. Le site Internet exprime clairement cette démarche d’accompagnement : « Vous avez des droits et, dans la jungle des organismes et services sociaux, encore faut-il savoir à qui les demander et comment les exprimer ; car votre cas particulier, individuel, oblige à des démarches personnalisées. La constitution de votre dossier est essentielle pour un “reste à charge” le plus faible possible. » Le but étant d’amorcer cette démarche bien avant le séjour, pour avoir le temps d’obtenir toutes les aides réclamées. Il faut en effet un délai de deux mois minimum pour que les demandes soient traitées et avoir la chance d’obtenir une réponse.

Des vacances, des vraies !

Pour les lieux de villégiatures, le choix est large. « Nous avons à ce jour en catalogue 30 000 séjours d’une semaine disponibles, que ce soit en résidences de tourisme, en appart’hôtels, en hôtels, en stations thermales, ou pour des croisières. Nous voulons démontrer qu’il est possible de concilier le tourisme avec le fonctionnement spécifique de chacun en proposant des services adaptés », complète-t-il. Soit, mais cela a bien un coût ? « Oui, mais cela est inclut dans un package dont les prix restent très accessibles ! » Des exemples ? Vence, sur la Côte d’Azur, est à 504 euros par personne, pour 7 jours et 6 nuits en demi-pension. Prestation à Bagnoles-de-l’Orne, en Normandie, à 459 euros, par personne, pour 7 jours et 6 nuits en demi-pension comprenant une mini-cure santé pour l’aidant (24 soins).  Autant dire du « clés en main » qui ne s’est jamais vu jusqu’à présent, pour les aidants comme pour leurs aidé(e)s.

Alors que plus d’un aidant sur deux voit dans la lourdeur administrative un frein à l’accès aux structures de répit, cette démarche semble particulièrement pertinente !

Pour en savoir plus :

Le site de manureva : https://www.manurevarepit.fr/ 
Les offres "spécial Aidants été 2020 

  

 

 

 


Imprimer